Araignées de la « laisse de mer » – Pleubian – Halorates…

Voici mon objectif pour cette semaine à Pleubian – Bretagne ! Une petite Linyphhiidae – Erigoninae – Halorates reprobus – caractéristique des Erigones, elles n’ont qu’une seule soie sur le tibia des pattes postérieures (pour deux chez les Linyphiidae… Hum faudra que je vérifie ailleurs car on parle habituellement des pattes 1 !). Pas trouvées dans mes guides récents ?

Seul l’obsolète livre de Christian Hubert « Les Araignées » (de 1973 !) les mentionne : « … qui vit au pied des touffes de Fucus dans la zone intercotidale, sur les côtes de la Manche »… acheté dans une bouquinerie et qui m’est toujours bien utile !!

 » La laisse de mer est l’accumulation par la mer de débris naturels (coquillages, tests d’oursin, algues arrachées, éponges, os de seiche ou de calmar, œufs d’animaux marins1, mues de crustacés, tubes calcaires de vers marins, méduses échouées, bois mort, etc.) ou d’origine anthropique, drossés à la limite supérieure du flot au gré des vagues, de la houle ou des tempêtes. »

Halorates reprobus (O. Pickard-Cambridge, 1879) Arthropoda, Arachnida, Linyphiidæ Cette araignée halophile a une répartition boréale atteignant sa limite sud de répartition en Bretagne. Elle est uniquement littorale, colonisant divers habitats de la zone de balancement des marées (Duffey, 2005 ; Courtial, 2013). Elle ne semble pas rare sur la côte bretonne du Golfe et dans l’archipel de Chausey, depuis le supralittoral jusqu’à des niveaux bas puisque plusieurs spécimens ont été collectés dans des lithoclases intertidales au niveau des Fucus serratus (Richoux, 1972). Elle a également été collectée dans la zone supralittorale, dans des cordons de galets (Fouillet, 2001), sur des schorres (Chevrier & Pétillon, 2005 ; Pétillon & Brunel, 2007) et dans une laisse de mer (Le Mao, donnée inédite). Excellente description sur le site de Pierre : https://arachno.piwigo.com/index?/category/913-halorates_reprobus

Bon ben faudra attendre que je la trouve cette fameuse araignée semi-marine… et ce n’est pas évident du tout… les premiers jours j’ai eu bon arpenter la laisse de mer et n’ai vu que mouches & insectes sauteurs… pas une seule arachnide !!

Le lien ci-dessous est intéressant (bon ça date de 1968…) :

chrome-extension://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/http://lentomologiste.fr/wp-content/uploads/lentomologiste_1968_24_3.pdf

En attendant, j’ai retrouvé des clichés de 2012, à Roscoff (près de Morlaix), où a déjà été trouvée cette fameuse money-spider… Qui sait, c’est peut-être elle ?

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Une autre de 2012…

Par contre, aller titiller les fils de l’araignée qui se cache dans le piquet ça elle savait faire… alors je ne sais pas si c’était pour l’embêter ou pour s’en faire une future proie mais elle n’arrêtait pas de tourner autour… et l’autre de mettre de temps en temps, le nez dehors !!

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Elle semble plus grosse mais elle est plus ou moins de la même taille…

La voici sous un autre angle… je lui avais jeté une mouche morte…

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J’analyserai cela plus tard !!

Araignées forestières…

Outre la Labulla thoracica qui suit dans l’article suivant, j’ai croisé, sur les poteaux indicatifs au carrefours de sentiers, les sempiternelles Drapestisca socialis, habituellement inféodées aux hêtraies… Le forêt de Soignes étant une Hêtraie cathédrale !

Voici un couple (cliquez)

Le mâle au-dessus…

Et la femelle… (sans gants de boxe)

Une autre… malines, elle se cachent souvent dans les rainures des piquets… faut avoir l’oeil !!

Je rencontre assez souvent la suivante… Une Thomisidae, une araignée-crabe, ici un juvénile, minuscule… Je l’avais prise au départ pour un Ozyptila mais après vérification, ce serait un Xysticus sp. en pleine prédation !! (cliquez)

Outre les dessins de l’abdomen, que l’on ne voit pas bien ici, il y a aussi, pour différencier Ozyptila de Xysticus, le nombre d’épines aux métatarses et tarse 1… ça m’a fait douter !!

Ce que j’utilise aussi pour les différencier, c’est l’écartement des yeux arrières, comme ici

Mais je n’ai pas pensé me focaliser dessus !! Ce mauvais cliché me parle quand même… Xysticus (et merci à Pierre, dans le forum D’arachnophobe à arachnophile sur Facebook qui m’a remis dans le droit chemin !!)

Voilà… C’est tout pour ce 25 septembre… Jusqu’aux prochains !!

Tégénaires de saison…

Ben oui… elles (ou plutôt « ils ») se baladent en automne à la recherche de partenaires… C’est aujourd’hui un mâle adulte Eratigena du groupe atrica ! (cliquez pour agrandir) Handicapé, il a déjà perdu (par autotomie) deux pattes dans des combats !!

12mm de corps… Voici les structures de ses pédipalpes qui permettent de le différencier des autres tégénaires… J’avais douté un instant avec T. agrestis !

La théorie… (Guide des araignées de France et d’Europe de Michael J. Roberts – Delachaux

Eratigena du groupe atrica

Tegenaria agrestis (pour info)

L’hêtre nous regarde !

Ma forêt préférée… (cliquez…)

Et pendant ce temps là… je surveille les araignées et prend leur portrait !!

A chaque « carrefour », je scrute les piquets d’indications… et faut avoir l’oeil car le mimétisme est souvent présent… Beaucoup de Drapestisca socialis… souvent inféodées aux hêtraies… la forêt de Soignes est une « hêtraie cathédrale » (cliquez pour agrandir mais ça manque un peu de netteté)

Les rencontres continuent… Un Opilion (sans venin) Dicranopalpus ramosus

Une Metelina sp.

Et de la nourriture pour tout le monde… Psoques ?

« L’araignée cracheuse » – Scytodes thoracica

Ca faisait longtemps que je ne l’avais plus vue… Voici un mâle Scytodes thoracica… Pas un foudre de guerre, royalement 4mm mais des pattes avant super longues qui lui donne une envergure de 14 mm ! Sa botte secrète, il crache sur ses victimes un mélange de soie-colle & poison… très efficace ! Une robe superbe qui le rend reconnaissable au premier coup d’oeil… agrandi bien sûr ! (Cliquez pour agrandir)

Jeune Trachyzelotes venant de muer…

Elle m’a donné du fil à retordre…

J’ai déposé quelques bûches au pied de ma haie et regarde de temps à autre les squatteurs(euses)…

La dernière fois c’était une superbe femelle Coelotes !

(voir « Catégories ») !

Cette fois-ci, on est chez Gnaphosidae, mais cette petite araignée vient de muer et les couleurs (superbes) ne correspondent pas à l’adulte… Je lis dans l’excellent site de Didier ceci : « 

« Dans un souci de classification des très nombreuses araignées de ce genre, Zelotes pedestris a été renommée en Trachyzelotes. C’est une des rares qui soit identifiable à l’espèce puisqu’elle est seule – chez nous – à présenter ces jolies jambes brunes de la patella aux tarses. Le mâle et la femelle ont des allures très proches. »

http://www.dipode-vie.net/Arachnides/Gnaphosidae/Trachyzelotes/pedestris.html#Femelle

Jugez plutôt (cliquez pour agrandir)

Merci à Koen Van Keer pour l’identification…

Sans les araignées la vie sur terre serait impossible !